24.09.2007
Paradis perdu ?
“Quand l’homme blanc a mis les pieds sur ce continent, il a eu une sacrée frousse, non pas à cause des “sauvages” qui le peuplaient mais principalement à cause de l’immensité. Petit homme habitué au carré de son champ bien cerné, de sa ville surpeuplée, il a fait comme tous ceux qui ont peur, il s’est agité. Il a empli l’immensité de piquets de clôture, de fils barbelés, magnifique nouvelle invention de ce XIX ème siècle.N’oublions pas qu’en ces temps, les peuples “civilisés” étaient dans l’histoire de l’homme maîtrisant la matière, l’âge des lumières. L’invention de la machine à vapeur a donné à ces hommes un sentiment et une réalité de puissance ; unité : le cheval-vapeur, oh Jules Vernes, quel rêve avions-nous en ces temps ?
Pour faire taire sa peur devant la simplicité terrible de “Mother Earth”, il a cartographié, nommé, crée des “pistes”, a ceinturé le continent avec un chemin de fer, creusé la terre. Toutes ces richesses qui n’appartenaient à personne, ça le rendait fou. Mais toujours la peur, et ni la brûlure du bourbon ou celle de la poudre noire ne parvenaient à l’apaiser. Et puis tous ces “Blancs” de toutes les couleurs, avec leurs différentes cultures, leurs différentes histoires, leurs différentes raisons d’avoir quitté leur pays, se retrouvaient là dans cette immensité vierge…
Alors que reste-t-il quand le soir vient et que la frénésie s’épuise ? Chanter peut être.
Donc, trois sœurs - Font-elles du tricot ? - qui nous chantent des chants de tous ces pionniers : certains étaient esclaves, certains étaient repris de justice, d’autres épris de justice… La liste est longue et fascinante ; le fameux melting pot…
Qui s’étonnera qu’après avoir écrit et mis en scène Calamity Jane, Oh Jane, je donne mon cœur à cette création ?
En ces temps étranges, fort troubles, porteurs d’espoirs et de réchauffement climatique, il faut respecter les clowns, éteindre la télé et venir voir et écouter cette famille nomade qui aujourd’hui est venue poser son barda près de chez nous pour chanter des chansons usées par tant de gorges qui ont vécu.”
Christophe Croullebois
Mise en scène - Coconut Family Band "ON Tour"
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